Karim Mosta, dans la roue de la discipline

Portrait de Karim Mosta, vélo gravel dans l’Atlas avec Trekline

Karim Mosta : vivre droit, rouler longtemps

Il ne hausse pas la voix, ne cherche pas ses mots. Karim Mosta parle comme il roule : droit au but, avec une économie précise, une sorte de sobriété active. Quand on lui demande ce qui le pousse encore, après plus de quarante ans d’ultras, de déserts, de cols et de bivouacs, il sourit : « Je suis resté un coureur, même à vélo. Ce n’est pas le chrono que je poursuis. C’est la rigueur, l’équilibre, la constance. »

À 68 ans, ce Franco-marocain a traversé six continents à la force des jambes. Plus de 170 raids à son actif, à pied puis à vélo, toujours sur des terrains extrêmes. Mais il déteste l’idée de performance pour elle-même. « Ce n’est pas une compétition, c’est un mode de vie. Le matin, je me lève tôt, je m’équipe, je roule. Même quand il n’y a rien à prouver. » Ce qui chez d’autres relève du défi devient chez lui une habitude. Et cette habitude, jour après jour, finit par forger une discipline qui dépasse le sport.

Il ne vient pas du monde du vélo. Karim a d’abord couru. Le Marathon des Sables, la Badwater, le Libyan Challenge, la Diagonale des Fous… Tous les grands. Puis il s’est mis en selle, presque naturellement, comme une extension du mouvement. « À un moment, le vélo a pris le relais. Moins de chocs, plus de distance. Mais la logique reste la même : avancer avec cohérence. » Il ne parle pas de watts, de segments, ni de classements. Ce qu’il traque, c’est une forme d’harmonie entre corps et terrain.

Ceux qui roulent avec lui remarquent vite sa régularité. Pas de gestes inutiles, pas de pause sans nécessité. « Je ne parle pas beaucoup pendant l’effort. Chacun doit trouver son rythme. Mais je suis là, juste devant, et je veille. » Il trace des itinéraires sobres, sur pistes de montagne ou sentiers roulants, jamais pour en mettre plein la vue. Il préfère un col discret à une crête touristique, un bivouac calme à un hôtel bien noté. « Ce qui compte, c’est le terrain. Pas le décor. Le terrain dit tout. »

Une éthique de la régularité

Il ne s’agit pas d’aller vite, ni de briller. Il s’agit d’avancer. De ne pas lâcher. De recommencer chaque matin. C’est peut-être cela, le vrai luxe de l’endurance : ne dépendre que de soi, de son souffle, de sa volonté d’y retourner. Karim le résume simplement :

« La discipline, ce n’est pas se priver. C’est s’aligner. Chaque jour, tu choisis de rester droit. Tu ne gagnes rien, tu ne perds rien. Tu continues. Cette rigueur, il la transmet désormais à d’autres cyclistes, en quête d’un cap. »

Il aurait pu écrire un livre, ouvrir une école, donner des conférences. Mais ce n’est pas son genre. Il préfère transmettre sur la selle, dans la poussière, à ceux qui prennent le départ avec lui. Ceux-là comprennent vite qu’il n’y aura ni grand discours, ni méthodes toutes faites. Juste un homme solide, un rythme stable, et cette manière unique de dire, par le corps, ce que veut dire rester fidèle à soi-même.

Karim Mosta discipline – Portrait vélo gravel dans l’Atlas

Trekline des Champions – Une trace droite dans l’Atlas

Avec Karim Mosta, le vélo devient un langage. Chaque virage est pesé, chaque montée est gérée avec calme, chaque pause est brève mais juste. Ce n’est pas un stage, c’est une immersion dans l’art du durcir. Sur les pistes d’altitude de l’Atlas, apprendre à rouler avec précision, à doser l’effort, à écouter votre respiration. Une aventure gravel au rythme d’un maître de la discipline.

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